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Alternance Industrie

Se former par le contrat de professionnalisation

Signature d'un document officiel au stylo plume, gros plan

Le contrat de professionnalisation est un contrat de travail en alternance, de 6 à 12 mois en principe, qui permet à un jeune de 16 à 25 ans ou à un demandeur d'emploi de 26 ans et plus d'obtenir une qualification reconnue, avec au moins 150 heures de formation par an.

Moins connu que l'apprentissage, ce contrat est très utilisé dans l'industrie pour les reconversions et pour les certifications de branche comme les CQPM de la métallurgie. Il se distingue par un public plus large, des durées plus courtes et une formation souvent plus ciblée sur un poste précis. Sa place parmi les autres formules est résumée dans la rubrique fonctionnement de l'alternance.

Le public du contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation s'adresse à trois publics, selon la fiche de Service-public :

  • les jeunes de 16 à 25 ans révolus qui veulent compléter leur formation initiale ;
  • les demandeurs d'emploi âgés de 26 ans et plus ;
  • les bénéficiaires du RSA, de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), ou d'un ancien contrat unique d'insertion (CUI).

Cette ouverture explique son succès auprès des adultes. Prenons un cas type : un ancien cariste de 34 ans, inscrit comme demandeur d'emploi, ne peut plus signer de contrat d'apprentissage, mais il peut entrer en contrat de professionnalisation pour devenir conducteur de ligne ou soudeur. L'entreprise l'embauche, et il se forme sur le poste qu'il occupera ensuite.

Les qualifications visées en contrat de professionnalisation

Un contrat de professionnalisation vise l'une de trois catégories de qualifications :

  • une certification inscrite au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), comme un diplôme, un titre professionnel du ministère du Travail ou un CQPM enregistré ;
  • une qualification reconnue dans les classifications d'une convention collective nationale de branche ;
  • une qualification ouvrant droit à un certificat de qualification professionnelle.

Dans l'industrie, cette souplesse permet de préparer un CQPM, certificat créé par la branche de la métallurgie pour un emploi qui lui est propre, ou un titre professionnel comme technicien de maintenance industrielle ou soudeur assembleur industriel. Ces certifications sont présentées dans le guide des CQPM et titres professionnels de l'industrie.

Durée, formation et tuteur du contrat de professionnalisation

La durée du contrat de professionnalisation se situe entre 6 et 12 mois, en CDD ou sous forme d'action de professionnalisation au début d'un CDI. Elle peut aller jusqu'à 24 mois si un accord de branche le prévoit, et jusqu'à 36 mois pour certains publics, par exemple les demandeurs d'emploi inscrits depuis plus d'un an. Le contrat est renouvelable une fois.

La formation représente au moins 150 heures par an, soit entre 15 et 25 % de la durée du CDD ; un accord de branche peut fixer une part supérieure à 25 %. Elle est gratuite pour le salarié. L'employeur envoie le contrat à son OPCO, qui dispose de 20 jours calendaires pour en contrôler la conformité et décider de la prise en charge financière.

L'employeur choisit aussi un tuteur parmi ses salariés qualifiés. Ce tuteur doit être volontaire et justifier d'au moins 2 ans d'expérience professionnelle en rapport avec la qualification visée. Le contrat peut prévoir une période d'essai ; en revanche, si le CDD se poursuit en CDI, aucune nouvelle période d'essai ne peut être imposée.

Salaire minimum en contrat de professionnalisation

La rémunération légale du salarié en contrat de professionnalisation se calcule en pourcentage du Smic, selon l'âge et le niveau de départ. Le tableau ci-dessous reprend les taux de Service-public, sur la base d'un Smic de 1 867,02 € brut mensuel au 1er juin 2026.

Âge du salariéNiveau inférieur au bac proBac pro ou équivalent
Moins de 21 ans55 % du Smic65 % du Smic
21 à 25 ans70 % du Smic80 % du Smic
26 ans et plusAu moins le Smic, et au moins 85 % du minimum conventionnel

La hausse liée à l'âge s'applique le mois qui suit le 21e anniversaire ; le passage à 26 ans en cours de contrat ne modifie pas le taux. Dans la métallurgie, la convention collective fixe des taux plus élevés : 60 % du Smic entre 16 et 20 ans (70 % avec un CQPM, un CQPI ou un niveau au moins égal au bac pro), 75 % entre 21 et 25 ans (85 % avec ces qualifications), et 100 % du Smic à partir de 26 ans.

Ce qui sépare le contrat de professionnalisation de l'apprentissage

Le contrat de professionnalisation diffère de l'apprentissage sur quatre points principaux. Le public d'abord : il accueille les adultes demandeurs d'emploi sans limite d'âge, quand l'apprentissage s'arrête en principe à 29 ans. La durée ensuite : 6 à 12 mois le plus souvent, contre une durée calée sur un cycle de diplôme. La part de formation, enfin, et le financement : l'aide exceptionnelle de l'État décidée en 2026 ne vise que les contrats d'apprentissage.

Côté rupture, le contrat de professionnalisation en CDD suit les règles de rupture du CDD, sans indemnité de fin de contrat ; en CDI, il se rompt comme un CDI. Le tableau complet des deux formules figure dans le comparatif apprentissage ou professionnalisation, et les règles propres à l'apprentissage dans la fiche sur le contrat d'apprentissage en entreprise industrielle.

Questions sur le contrat de professionnalisation dans l'industrie

Peut-on signer un contrat de professionnalisation après 30 ans ?
Un adulte de 30 ans ou plus peut signer ce contrat s'il est demandeur d'emploi, ou s'il perçoit le RSA, l'ASS ou l'AAH. Il n'existe pas de limite d'âge supérieure pour ces publics. C'est la voie la plus courante pour une reconversion vers un métier d'atelier.
La formation en contrat de professionnalisation est-elle payante ?
La formation ne coûte rien au salarié. L'OPCO de l'entreprise examine le contrat et décide de sa prise en charge financière ; il peut la refuser si le contrat n'est pas conforme.
Qui encadre le salarié dans l'entreprise ?
Un tuteur, désigné par l'employeur parmi les salariés qualifiés, suit le salarié en formation. Il est volontaire et compte au moins 2 ans d'expérience en lien avec la qualification préparée.

Sources : Service-public (DILA), « Contrat de professionnalisation », fiche F15478, vérifiée le 22/07/2026 ; code du travail, « Le SMIC augmente au 1er juin 2026 » ; UDIMEC (UIMM), « Ce qui change pour les alternants de la métallurgie au 1er janvier 2024 », 19/02/2024, convention collective de la métallurgie, article 152.1.2 ; décret n° 2026-168 du 6 mars 2026.

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