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Alternance Industrie

CQPM, CQPI et titres professionnels : se qualifier en alternance

Tourneur au travail sur un tour conventionnel dans un atelier de mécanique

Le CQPM (certificat de qualification paritaire de la métallurgie) atteste les compétences d'un emploi propre à la branche de la métallurgie. Créé et délivré par les représentants des employeurs et des salariés de la branche, il se prépare surtout en contrat de professionnalisation.

Ce qu'atteste un CQPM et qui le délivre

Le CQPM n'est pas un diplôme de l'Éducation nationale : c'est une certification de branche. Il atteste qu'une personne maîtrise les compétences d'un emploi spécifique à la métallurgie, par exemple un poste d'opérateur régleur, de technicien de maintenance ou de soudeur sur un procédé donné. Il est découpé en blocs de compétences, qui peuvent être validés séparément.

La création d'un CQPM revient à la commission paritaire nationale de l'emploi et de la formation professionnelle (CPNEFP) de la métallurgie, où siègent les organisations d'employeurs, dont l'UIMM, et les syndicats de salariés. La délivrance passe par un centre de certification, une UIMM territoriale, après un jury paritaire de délibération. Le dispositif remonte à l'accord national du 12 juin 1987 et a été refondu par l'accord du 8 novembre 2019. Une expérimentation crée en outre des titres paritaires à finalité professionnelle de la métallurgie (TPM) à partir de CQPM enregistrés au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

CQPM, CQPI et titre professionnel : trois certifications comparées

Trois certifications professionnelles hors diplôme se croisent dans les ateliers industriels. Le tableau les situe l'une par rapport à l'autre.

CertificationQui la créeCe qu'elle validePortée
CQPMCPNEFP de la métallurgieLes compétences d'un emploi propre à la métallurgieBranche de la métallurgie
CQPI (certificat de qualification professionnelle interbranches)Plusieurs branches industrielles ensembleLes compétences communes à un emploi présent dans plusieurs branchesPlusieurs branches
Titre professionnelMinistère du TravailUn métier, par des certificats de compétences professionnelles (CCP)Toutes entreprises, niveau RNCP défini

Certains CQPM permettent d'obtenir aussi un CQPI, ce qui élargit la reconnaissance aux autres branches industrielles qui emploient le même métier. Le titre professionnel, lui, est enregistré au RNCP avec un niveau précis et peut s'obtenir par une formation complète ou par la capitalisation progressive des CCP.

Trois titres professionnels industriels et leur niveau

Les titres professionnels industriels du ministère du Travail sont régulièrement renouvelés, avec un nouveau numéro de fiche RNCP à chaque fois. Trois exemples en vigueur en octobre 2026, selon France compétences :

  • Technicien de maintenance industrielle : niveau 4, fiche RNCP41536, enregistrée du 9 janvier 2026 au 8 janvier 2031, qui remplace la fiche RNCP35191.
  • Soudeur assembleur industriel : niveau 3, fiche RNCP40037, qui remplace la fiche RNCP34502 échue le 28 février 2025.
  • Technicien en usinage assisté par ordinateur : niveau 4, fiche RNCP41537, qui remplace la fiche RNCP35182 échue le 8 décembre 2025.

Le soudeur assembleur et le futur chaudronnier trouvent dans ces titres une voie plus courte que le bac pro. Le portrait du métier de soudeur et de chaudronnier présente les qualifications de soudage qui complètent souvent ce parcours.

Préparer un CQPM en contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation est la voie naturelle du CQPM, car il vise expressément trois types de qualifications, selon le service public : une qualification inscrite au RNCP, une qualification reconnue dans les classifications d'une convention collective de branche, ou une qualification ouvrant droit à un certificat de qualification professionnelle. Il s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, et aux bénéficiaires de certains minima sociaux.

Le contrat dure en général de 6 à 12 mois, et jusqu'à 24 mois si un accord de branche le prévoit. La formation représente au moins 150 heures par an et de 15 à 25 % de la durée du contrat, davantage si un accord de branche le permet ; elle est gratuite pour le salarié. Ce format court convient bien à une reconversion vers l'atelier. Le fonctionnement complet du contrat de professionnalisation et le choix entre apprentissage et professionnalisation sont traités dans la rubrique consacrée à l'alternance.

Rémunération en contrat de professionnalisation dans la métallurgie

  • De 16 à 20 ans : 60 % du Smic, 70 % avec un CQPM, un CQPI ou un niveau au moins égal au bac pro.
  • De 21 à 25 ans : 75 % du Smic, 85 % avec ces qualifications.
  • À partir de 26 ans : 100 % du Smic.
  • Changement de tranche d'âge : le taux supérieur joue dès le 1er jour du mois suivant l'anniversaire.

Ces taux de la convention collective de la métallurgie, appliquée depuis le 1er janvier 2024, sont plus favorables que la grille légale (55 % du Smic avant 21 ans, 70 % de 21 à 25 ans, sans qualification préalable).

Pour quel profil un CQPM ou un titre professionnel est-il pertinent

Le CQPM ou le titre professionnel vise surtout l'adulte en reconversion : demandeur d'emploi qui veut rejoindre l'industrie, salarié d'un autre secteur, intérimaire qui souhaite faire reconnaître son expérience. En moins d'un an, il obtient une certification qui correspond à un poste précis, souvent dans l'entreprise qui l'a formé. Le CQPM a aussi un intérêt pour un salarié déjà en poste qui veut une qualification reconnue dans la classification de la convention collective.

Pour un jeune qui sort du collège ou du lycée, le diplôme d'État reste souvent plus adapté : un CAP ou un bac pro industriel en apprentissage ouvre la poursuite d'études vers le BTS, ce que permet moins une certification de branche. Côté employeur, l'aide exceptionnelle à l'embauche de 2026 ne vise que l'apprentissage, selon le décret du 6 mars 2026 ; le contrat de professionnalisation relève d'autres financements, à vérifier auprès de l'OPCO 2i. L'estimation du coût réel d'un alternant pour une entreprise industrielle aide à comparer les deux formules, et la rubrique des diplômes et certifications de l'industrie recense les autres parcours.

Sources : CPNEFP de la métallurgie, « Dispositif des certifications professionnelles de la métallurgie », version du 7 avril 2026 ; Insee, définition du CQPI ; France compétences, fiches RNCP 35191, 34502 et 35182 avec mention de remplacement ; service-public.gouv.fr, « Contrat de professionnalisation », vérifié le 22/07/2026 ; UDIMEC, « Ce qui change pour les alternants de la métallurgie au 1er janvier 2024 », 19/02/2024 ; Éditions Tissot, « Métallurgie : rémunération des apprentis et des contrats de professionnalisation depuis le 1er janvier 2026 », 22/01/2026 ; décret n° 2026-168 du 6 mars 2026.

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